Un peu d'Histoire

Origine et évolution


Les origines du village de Tenteling n'ont pas pu être établies avec certitude. D'après certains textes, il existerait depuis le 1 er siècle. D'après d'autres il aurait été créé du temps des Francs, vers l'an 500, par un groupe de guerriers du roi Clovis qui résidaient à cet endroit et dont le chef était un certain Danilo. Le nom du village pourrait provenir de l'expression "les gens de Danilo". La terminaison "..inga" signifiait à l'époque "les gens de ...", donc Dandalinga. D'ailleurs, encore de nos jours, la terminaison "...inger" a toujours la même signification. Or Tenteling, ayant appartenu à l'Abbaye St-Pierre-aux-Nonnains de Metz, y est mentionné dès le 10 ème siècle, dans un vieux manuscrit datant de l'année 960, sous le nom de "Tentelinga".


Le village de Tenteling est situé dans la région du Grauberg appelée le Steinart. Il est aussi situé sur la voie romaine qui reliait Bliesbruck à l'Oppidum du Hérapel, en passant par Sarreguemines, Welferding et Cadenbronn.



Tenteling appartenait au 10 ème et 13 ème siècle à l'abbaye St-Pierre aux Nonnains de Metz. De cette appartenance paraît provenir le patronage de Saint Pierre. Vers 1300, le village appartenait à la Commanderie de L'ordre Teutonique de Saarbrücken et, à partir de 1475, à celle de Reckingen ; les seigneurs de Forbach et Betting y détenaient également une part. En 1594, il appartenait à la châtellenie de Sarreguemines. En 1720, au Baron Karl Josef von Breitenstein et à son épouse la Baronne Maria Magdalena von Truchseß Rheinfeleden. Cesderniers firent baptiser leur fille à l'église de Tenteling.


Tenteling faisait partie du duché de Lorraine, rattaché à la France en 1766. Le village se situait dans le périmètre du bailliage de Sarreguemines et, plus tard, faisait partie du district de Sarreguemines.


Un autre évènement de cette époque était le mariage du chef d'une tribu bohémienne ayant séjourné quelque temps dans le village. Cette communauté avait organisé pour son chef une cérémonie pompeuse. Tout le village était en fête.


Le village a été détruit à plusieurs reprises. Le Pouillé de Metz signale sa destruction en 1331 lors d'affrontements sauvages entre les troupes déchainées de différents seigneurs se disputant les droits de propriété. Le village entier a été incendié et détruit.


Durant la guerre des rustauds, la révolte des paysans, dont celui de Herbitzheim appelé le "Herbitzheimer Haufen", composés de quelques milliers d'hommes, étaient cantonnés dans la forêt de Sarreguemines. Ces guerriers sauvages et incontrôlés, vivant de l'agression et du pillage, dévastaient la région et semaient la peur dans les villes et villages. Ils harcelaient les habitants et essayaient d'en recruter, sous la menace, tous les hommes valides.


Le village fut à nouveau ravagé durant la guerre de Trente Ans. D'après l'abbé Touba, il ne restait alors plus que quelques habitants répartis sur cinq foyers. D'après Théo Kaas, le village ne comptait plus que deux habitants en 1650, Johan le Noir (Jean Schwartz) et Antoine Walter. Le village avait beaucoup souffert de ces hostilités, mais aussi des occupations successives et prolongées par les troupes étrangères, surtout françaises, qui vivaient toutes aux frais des habitants. En 1667, le village était tellement pauvre qu'il n'a pas pu produire le moindre sou d'impôts.

Aussi, durant la période trouble des 17 ème et 18 ème siècles, des bandes de voleurs, se cachant dans la nature, attaquaient et dévalisaient les convois passant sur les routes.

Depuis toujours, Tenteling était doté d'un Mayer et d'un Heymayer ou Heumayer (maire et haut-maire). Le village disposait d'un four et d'un pressoir.

La seconde Guerre Mondiale


Le 4 septembre 1939, éclata la guerre entre la France et l'Allemagne. Vers la fin du mois d'août la mobilisation générale avait été décrétée et les hommes valides incorporés dans les armée de guerre.

L'ordre d'évacuation de la population frontalière était arrivé dès le 1er septembre. Les hommes étant mobilisés, cette mesure frappa principalement les femmes, qui avaient en charge leurs enfants et les vieillards. Tout reposait sur leur épaules. Aussi, c'était pour l'immense majorité la première fois qu'elles quittaient leurs villages.

Les gens durent quitter leurs demeures en abandonnant tous leurs biens. Ils ne pouvaient emporter que le strict nécessaire et partaient avec les seuls moyens à leur disposition, les uns avec un attelage, les autres avec des voiturettes à main, bicyclettes, ou autres moyens de fortune. C'était l'exode.

Bien que connaissant vaguement leur destination, les réfugiés ne savaient pas ce que leur réservait cette folle aventure. La première étape les mena à la gare de Hamont, où ils furent entassés, la plupart dans des wagons à bestiaux, et d'où les convois partirent vers le 7 septembre 1939, les mineurs vers les régions du Nord et du Pas-de-Calais, les autres à destination de la Charente.

Les partants avaient tout perdu. Ils arrivèrent dans des régions n'ayant pas la même culture et ne parlant pas leur langue. C'était un bouleversement indescriptible de leur vie, une immense détresse générale.

Le séjour dans ces pays d'accueil dura jusqu'au debut de l'automne 1940. Durant cette période, les évacués de la Charente étaient totalement dépourvus de ressources; ils touchaient de maigres allocations journalières qui leur permettaient de subvenir aux plus élémentaires de leurs besoins. Quelques uns trouvèrent, dans les fermes viticoles charentaises, des emplois précaires comme ouvriers agricoles.

Le retour au pays fut organisé par les autorités allemandes au début de l'automne 1940. Les réfugiés des régions minières du Nord étaient revenus durant la seconde quinzaine du mois de septembre, ceux de Charente vers le 10 octobre. Le village était ravagé. Certains retrouvèrent leurs maisons plus ou moins endommagées, pillées et vidées de leur contenu ; d'autres ne retrouvèrent que des ruines.

Dans le froid automnal les revenants étaient obligés de coucher par terre dans leurs maisons sans fenêtres ni portes, sans chauffage et sans couvertures. Ils manquaient de tout, de mobilier, de lits, de vêtements chauds, de nourriture. C'était la pauvreté la plus complète. Le matériel professionnel des paysans était détruit ou inutilisable. Il n'y avait plus rien, ni chevaux de trait, ni bétail ou animaux de basse-cour.

Malgré cette misère, ils étaient heureux d'être rentrés au pays, d'être à nouveau dans leurs propres demeures.

La guerre continua. La vie s'organisa lentement. Le travail reprit progressivement.

Tenteling fut rattaché en 1941 à la commune de Diebling, intégrée dans l'arrondissement de Sarreguemines. La Moselle fut rattaché au "Gau Westmark" avec chef-lieu de Saarbrücken. La commune de Diebling regroupait alors les villages de Diebling, Meeting, Tenteling et Ebring. Elle était administrée par un "Ortsgruppenleiter" nommé par le "Gauleiter". Les annexes étaient représentées par un "Zellenleiter" qui agissait comme adjoint, sous la responsabilité de l'"Ortsgruppenleiter". Ce regroupement de communes dura jusqu'à la libération vers les fin de l'année 1944.

Durant l'annexion à l'Allemagne tout était rationné, le pain, les viandes, le beurre, l'huile, les graisses, le sucre et toutes les denrées alimentaires en général. Chacun se voyait attribuer tous les mois une ration uniforme pour l'ensemble des denrées auxquelles il avait droit. En fin de mois il recevait une série de tickets de rationnement pour le mois suivant. Pour les vêtements, les chaussures et tous les effets personnels, l'allocation était annuelle. Les articles de cuisine, l'outillage ainsi que tout le matériel domestique étaient attribués sur demande motivée et justifiée.

Pour certains habitants, la situation commença à devenir dangereuse, voire dramatique, à partir de l'année 1942. C'est au cours de cette année que fut décrété l'enrôlement des jeunes pour servir dans la "Wehrmacht", surtout dans des unités allemandes combattant sur le front de l'Est, contre les troupes de l'Union Soviétique.

La grande majorité des incorporés refusèrent de combattre pour l'armée allemande. Ils désertèrent et furent, dès lors, activement recherchés par la tristement célèbre police secrète nazie, la "Gestapo". Certains passèrent clandestinement en France, d'autres se cachèrent dans des planques rudimentaires à sur domicile ou chez des parents ou amis. Ceux qui se faisaient prendre étaient traités comme "déserteurs en temps de guerre" ; ils risquaient d'être fusillés. Leur parents ou amis étaient considérés comme complices et déportés dans des camps de concentration.

Plusieurs personnes du villages furent déportées en 1944, pour des comportements anti-nazis, vers différents camps de concentration.

Le 21 octobre 1944, une bombe volante "V1" s'abattit sur le village. C'était une espèce d'avion sans pilote, programmé par un système de guidage mécanique sur une cible fixe prédéfinie, bourré de 830 kg d'explosifs et propulsé par une fusée rudimentaire fixée sur l'arrière du fuselage. Ces bombes étaient catapultées par centaines, depuis des bases de lancement installées sur le continent, à destination de Londres. Toute défaillance de la mécanique de guidage rendait ces appareils instables et incontrôlables.

L'engin était tombé presque en plein centre du village et avait fait 4 morts parmi la population, quelques victimes inconnues et beaucoup de blessés.

En plus de la destruction complète de plusieurs immeubles, le souffle énorme de l'explosion avait endommagé toutes les maisons du village. Malgré ce drame, la chance voulut, qu'au moment de la catastrophe, les habitations étaient presque vides, du fait que les hommes étaient au travail et la majorité des femmes rassemblées à la mairie où se faisait, à ce moment, la distribution des tickets de rationnement.

Durant tout l'automne 1944, les retraités du village furent contraints à creuser des tranchées antichars. Ramassés par des camions de l'armée allemande, ils travaillaient en équipes. Ils creusaient des tranchées très larges et profondes sur plusieurs centaines de mètres de long. Ces tranchées devaient empêcher à la progression des chars de l'armée américaine.

A partir du 28 novembre 1944, Tenteling était sous le feu des canons américains. Dès l'approche des combats, les habitants avaient renforcé les dalles de leurs caves afin qu'elles puissent résister au choc provoqué par un éventuel effondrement des maisons. Dès les premières explosions, les gens se terrèrent dans les caves. Les tirs d'artillerie s'intensifièrent et continuèrent jour et nuit pendant six jours. Ils firent une victime parmi la population civile. La défense allemande devint de plus en plus faible. Au milieu de l'après-midi du 4 décembre 1944, les chars américains entrèrent dans le village. C'était la libération.

Après les hostilités, le 1er juillet 1948, la commune fut citée à l'ordre de la Brigade : "Village de Lorraine, très éprouvé par les bombardements. Tenteling compte 8 tués et la destruction de 50% de ses habitations. Sa population a conservé un admirable moral et déployé une active résistance dont témoigne le nombre de ses déportés et de ses expulsés".

Cette citation comportait l'attribution de la Croix de guerre avec Etoile de bronze.


le 18 mai 2015 à 14h24

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